Le Tombolo est un mot d’origine italienne qui désigne cette flèche de sable qui relie l’îlet de Sainte Marie à la terre. Pour Pascal Saffache, ce phénomène est la résultante de plusieurs facteurs hydrodynamiques marins. Les pêcheurs  désignent le tombolo par l’expression « la digue ». 

Les houles en s’écrasant sur l’ îlet transportent des sédiments (sable, gravier, et galets) vers la partie la plus protégée de l’ îlet (sous le vent de l ’îlet). Il se forme ainsi un cordon sédimentaire qui relie l’îlet à la plage (les anciens pêcheurs parlent du phénomène de Jubilé de la Toussaint) .
De Juillet à Novembre lors de la saison des pluies, le débit des rivières augmente. L’instabilité aérologique favorise l’immersion du tombolo. On ne voit plus ce passage permanent qui est recouvert par la mer. Seul l’écume des vagues permet  de le localiser.

Au début de l’année, vers les mois de février mars, avec la raréfaction des pluies, les rivières presque asséchées, la faiblesse des courants marins, le tombolo commence à émerger et petit à petit devient visible. On peut même, certains jours l’emprunter pour se rendre sur l’îlet sans se mouiller les pieds.

Situé sur le périmètre de la Forêt domaniale, l’îlet a fait l’objet d’une étude et d’un aménagement réalisé par l’office national des forêts. Il appartient donc à l’état et est géré par l’ONF. C’est un espace naturel qu’il convient de protéger.

                              L’îlet fut l’objet d’une revégétalisation grâce à l’ ONF

Cité par Mrs Saffache et Marc dans l’ouvrage intitulé « Le littoral martiniquais dans la littérature scientifique », l’îlet a connu plusieurs phases dans l’évolution de son paysage mais qui sont surtout liées aux activités de l’homme.

Ces chercheurs citent P. Monnier, qui dans sa cartographie, parle de l’îlet comme d’un espace composé d’escarpements à pic et d’une surface plane herbacée. Les anciens nous parlent effectivement d’une surface très plane sur laquelle ils jouaient au football.

                                                      Panneau apposé par l’ONF sur l’Îlet

Eugène Revert en 1947, dans son ouvrage « géographie de la Martinique « ,  présente de l’érosion très forte de l’îlet.

L’îlet de Sainte Marie était, jusqu’à son exploitation économique (port, culture) parfois non contrôlée (élevage sauvage),un espace boisé et herbacé. On y trouvait une petite plantation de canne à sucre appartenant à un certain Montbrun Darius.
L’îlet est composé de deux mamelons : le mamelon ouest était occupé par un port (voir article dans rubrique Histoire). On y trouve encore aujourd’hui quelques vestiges. Une croix domine le mamelon Est qui est devenu le lieu de ponte des Sternes de Dougall. Ces oiseaux migrateurs arrivent au mois d’ Avril et pour les protéger cette partie de l’îlet est est fermé dès le 1er Avril.

Vers la fin des années soixante, les habitants du bord de mer et les pêcheurs ont fait de l ’îlet un lieu d’élevage sauvage de cochons, poules… Ces animaux ont détruit le couvert végétal et accéléré l’érosion. Le passage du cyclone Dorothy en 1970 a aggravé la situation. Dans les années  quatre-vingts, sous l’impulsion du maire Guy Lordinot, ces pratiques ont été interdites.

Aujourd’hui en parcourant l’îlet, on découvre des essences comme le poirier pays, le raisinier, les pois bord de mer, des cocotiers…

VIDEO Découverte aérienne du tombolo

Au niveau de la faune, on peut découvrir quelques oiseaux : malfinis, tourterelles, sternes de Dougall (qui font l’objet d’une protection particulière), pélicans… mais aussi des escargots comme les soldats. Autour de l’ îlet vivent à quelques centimètres de l’eau des brigauds, cocos de mer et divers escargots.

En 2011, la municipalité de Bruno Nestor Azérot et son office du tourisme (OSATOURC) mènent une réflexion quant au devenir de l ’îlet en collaboration avec  l’ONF.

                                       La ville s’est développée depuis l’îlet

Maitre d’ouvrage, l’ONF entame des travaux d’aménagement, et aujourd’hui l’ilet est sécurisé : l’accès aux deux mamelons est protégé. La population de sternes est protégée en période de nidification. Un ponton de débarquement est construit (très utilisé par les marins pêcheurs). Les zones érodées sont restaurées, la croix de l ’îlet est renforcée, une signalétique est installée, sans oublier un point d’accueil qui, depuis la plage, guide les visiteurs.

Aujourd’hui, l’îlet et son tombolo sont devenus l’une des premières attractions naturelles de la Martinique. Ce sont des milliers de visiteurs qui l’empruntent chaque année notamment lors de la saison touristique.

video, le tombolo, un lieu magique

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