Date du jour :01/02/2023

Fonds Saint Jacques: une habitation monastique et esclavagiste

Naissance de l’habitation

C’est en 1658, à la suite de la guerre franco Caraïbes, qu’apparaissaient les premières constructions à Fort Sainte-Marie. Au début de la colonisation, la Martinique était divisée en deux : d’un côté la demeure des français, de l’autre celle des caraïbes.

Cependant les colons français n’espéraient qu’une chose : faire la conquête de toute l’île.

 Les relations entre français et caraïbes (kalinagos) ont vite dégénéré. En 1657, des français étaient assassinés à la suite d’une incursion en territoire indien. Sous la pression des Habitants de Saint Pierre, madame veuve Marie Duparquet accepta qu’une expédition soit montée ; elle avait un objectif : se débarrasser des indiens de l’île. Une expédition fut montée.

Le père Bonin, supérieur des Jésuites prit la tête d’une armée de 200 hommes et décida d’attaquer en passant par la mer.

Le père Boulogne, supérieur des dominicains s’engagea avec ses 400 hommes qui partirent à pied en passant par la Montagne Pelée et le Morne Gommier.

Arrivé le premier, le père Boulogne planta une croix sur le terrain conquis (s’étendant du Macouba au François). Il dit une messe, chanta le « Te Deum » pour consacrer cette victoire. De Loubières et les troupes du Père Jésuite, déçus, arrivèrent après la bataille. Ils construisirent un fort qui prit le nom de Fort Sainte Marie en l’honneur de la Sainte Vierge (ce fort donna son nom à la paroisse puis à la ville de Sainte Marie).

Le 27 Septembre 1659, en guise de remerciement, madame DUPARQUET fit don au Père BOULOGNE d’un terrain au Nord de Sainte Marie. Le Père Boulogne s’était engagé à construire sur ces terres, un monastère, une église(chapelle) et une sucrerie.

Il fit construire rapidement avec une vingtaine d’esclaves ouvriers une case puis une chapelle à laquelle il donna le nom de Saint-Jacques, nom que portait le mari défunt de la gouvernante, le général Jacques Dyel Duparquet. Sa femme a voulu graver son nom. Saint Jacques était aussi le nom du patron de l’ordre des frères précheurs.

La chapelle fut le premier bâtiment religieux de la Cabesterre

 C’est cette chapelle qui a donné son nom à l’habitation sucrerie qui prit le nom d’Habitation Fonds Saint Jacques. Cette même habitation a donné son nom au plus ancien quartier de Sainte Marie

 La paroisse de Sainte Marie fut elle-même créée officiellement le 8 janvier 1663 mais Fonds Saint jacques restait le centre religieux de la paroisse et de la Cabesterre.

Sous l’autorité du père Boulogne, Le père Halgan fut chargé de la construction de la chapelle de Fonds Saint Jacques ; les travaux s’achevèrent en 1660. Dite chapelle domestique, le bâtiment en bois avait une longueur de 11,70 mètres sur une largeur de 5 mètres 80 et une hauteur de 2 mètres 60. La chapelle était reliée au corps de logis et construite en bois avec une toiture couverte d’essentes et de bardeaux. Ce fut le premier bâtiment religieux de la paroisse et de la Cabesterre.

Jusqu’en 1668, le père Halgan lui-même, assurait les cérémonies religieuses. Il était assisté du frère convers : le frère Vincent. Tous les offices se déroulaient dans la chapelle. Au début une vingtaine d’esclaves desservait les religieux ;

Un recensement de 1682 nous apprend que la compagnie de Saint Aubin comptait 3 églises (Trinité, Sainte Marie et Fonds Saint Jacques) ; les offices religieux avaient lieu dans la chapelle de Fonds Saint Jacques.

 En 1689, le père Temple avait pris la succession du père Boulogne . Il fit construire la première sucrerie en maçonnerie de l’habitation qui fonctionnait grâce à l’acquisition d’une soixantaine d’esclaves qui travaillaient pour la plupart dans les plantations. Il édifia un moulin à eau. On y fabriquait du sucre et les premières productions de tafia (aujourd’hui rhum). Fonds Saint Jacques devient une habitation sucrerie qui se développa pour devenir l’une des plus prospères de l’ile. En 1670 elle avait une superficie d’environ 230 hectares.

Dans son « Nouveau voyage aux iles de l’Amérique » le père Labat décrit l’habitation à son arrivée en 1696 :

Le couvent se trouvait près de la rivière. Il était composé de trois bâtiments en bois qui entouraient une cour intérieure. Il était dénué de meubles. Les nappes et les serviettes étaient déchirées

 A gauche du couvent se trouvait la chapelle. Une petite chambre qui servait de sacristie était reliée à la chapelle.

Le corps de logis était composé au rez de chaussée, d’une salle, de trois chambres dont l’une qui servait d’office. On trouvait à l’étage deux grandes chambres. Le corps de logis était relié à une cuisine et un magasin

LE PERE LABAT A FONDS SAINT-JACQUES

 L’habitation comptait environ 400 ha à l’arrivée du Père Labat. 120 ha étaient plantés en cannes, une autre partie consacrée aux vivres, une bonne partie de l’habitation était en friche.

La sucrerie était située derrière le corps de logis. Elle était reliée à un moulin à eau. On y trouvait six chaudières à sucre sur leur fourneau. A côté du moulin on retrouvait les cases à bagasses et une case à manioc. 

L’habitation Fonds Saint Jacques va connaitre une évolution rapide et son apogée au XVIIIème siècle, surtout avec l’arrivée du père JB Labat  .

Le 4 février 1696 après la messe du matin ,le Père Labat quitta Saint Pierre pour se rendre à Fonds Saint-Jacques. Il arriva vers 21 heures après un voyage à pied et à cheval, long et difficile. Le père Labat fut accueilli par le père Raymond Dacier, le syndic de l’habitation depuis quelques mois. Le Père Labat officiait au Macouba avant d’être désigné le 21 décembre 1696 par les dominicains, syndic de l’habitation Fonds Saint-Jacques.

Dès son arrivée sur l’habitation le Père Labat dit avoir eu une désagréable surprise : il se rendit compte qu’il avait la charge d’une habitation complètement délabrée. L’administration et la gestion de Fonds Saint-Jacques étaient lamentables. L’habitation était endettée de 700 000 livres de sucre. Cela était dû à une mauvaise gestion, à des dépenses énormes et mal placées, des initiatives ridicules, des aumônes distribuées par le Père Paul. Les bestiaux étaient mal soignés (beaucoup mouraient).

L’habitation monastique était pourtant une habitation sucrière récente constituée de bâtiments en maçonnerie.

Pour le père Labat, La production de sucre était limitée et de mauvaise qualité. Les bâtiments étaient abîmés par les ouragans et non entretenus. Le couvent était très pauvre.

A son arrivée, le Père Labat trouva 35 esclaves qui travaillaient sur l’habitation et une dizaine de vieillards infirmes et enfants, mal nourris, mal logés, mal vêtus. On trouvait 45 bêtes à cornes, une dizaine de chevaux.

 L’habitation était dirigée par le père Raymond Dacier ; y vivait aussi le Père Romanet qui était responsable de la paroisse de Sainte Marie.

Le Père Labat décida d’équiper cette habitation sucrière en matériel et en main d’œuvre. Il décida de réorganiser l’administration et la gestion de l’habitation.

Plan d’une sucrerie d’après le père Labat

Créateur et animateur de la sucrerie de Fonds Saint Jacques, le Père Labat créa l’habitation monastique la plus célèbre des Antilles. L’habitation de Fonds Saint-Jacques reste un exemple type d’habitation sucrière aux Antilles.

Après avoir découvert les lieux et prit connaissance de la situation, le missionnaire dominicain décida de transformer cet espace industriel. Il choisit un emplacement pour monter de nouveaux bâtiments. Il prit soin de repérer un endroit moins inondé en s’éloignant de la rivière ; l’espace était plus large, plus plat.

Le père Labat s’attacha à équiper cet espace de tout le matériel nécessaire. Il fera venir de la main d’œuvre qu’il formera et attellera à différentes tâches. On arriva à plus d’une centaine d’esclaves qui travaillaient sur les terres plantées en canne à sucre. On cultivait aussi des plantes vivrières comme le manioc, l’igname ou la patate. Il modernisera l’industrie sucrière, réorganisera la gestion de Fonds Saint-Jacques. Après des travaux longs, durs et coûteux, la souffrance de nombreux esclaves, une superbe habitation se dressa petit à petit sur cette propriété monastique. Elle est organisée autour d’une grande cour intérieure.

Une habitation sucrière

L’habitation monastique de Fonds Saint jacques après les transformations du Père Labat est ainsi composée :

  •  D’une purgerie ou sucrerie de 40 m de long sur 10 m de large. Il s’agit d’un bâtiment ou s’opère la dernière étape de la fabrication du sucre. Après ébullition en plusieurs phases successives (passages des chaudières), on purge le sirop de mélasse qui ne cristallise pas. L’évacuation se réalise en plusieurs jours.  On décantait la masse cuite dans des moules en terres ( des formes) pour obtenir des Pains de sucre qui donnaient du sucre cristallisé. Il semblerait que la purgerie possédait près de 1800 moules. Pour remplir sa fonction, l’édifice disposait d’après le père Labat, d’un système de planchers, de limandes qui sont établies sur des murets. Les formes reposaient dessus et la mélasse était recueillie dans des citernes établies en dessous. Le bâtiment aligne de nombreuses portes et fenêtres à cause de l’importance accordée à la ventilation.

Sur la façade de la purgerie on trouve sur le haut des portes et fenêtres des symboles dont n’a pas encore déterminé de manière sure, l’origine ou le sens. Au départ on a parlé d’emblèmes compagnons, d’autres y voient des symboles maçonniques et même des signes bretons (lieu d’origine du père Labat).

  • Une distillerie appelée vinaigrerie, guildiverie, ou rhumerie. Elle était équipée de cuves en bois (canots) et de deux alambics. Elle mesurait 16.60m de long sur 12.80m de largeur et 4.40 de hauteur. Un système de caniveaux assurait le cheminement du jus de canne fermenté vers les alambics. On trouvait un lieu de stockage de jarres à tafia
  • Des magasins ou entrepôts accueillaient tous les produits et le matériel nécessaires au fonctionnement de l’habitation.
  • On trouvait aussi une maison et des offices notamment des ateliers d’ouvriers derrière la sucrerie. Y logeaient les menuisiers, les charrons, les charpentiers, les scieurs de long, les tonneliers, les forgerons, et les apprentis.

La sucrerie produisait 5 tonnes de sucre blanc et 7 tonnes de sucre brut par an. La distillerie produisait 7200 litres de tafia ou eau de vie.

Un pont reliait le moulin hydraulique à la cour intérieur.

C’est cette habitation que l’on peut découvrir aujourd’hui.

Le pont à l’intérieur de l’habitation

On trouvait sur l’habitation deux catégories de travailleurs : les engagés et les esclaves.

Les engagés étaient en général des artisans. Ce sont des blancs venus d’Europe. On trouvait parmi eux des prisonniers, de jeunes délinquants, qu’on obligeait à quitter la France pour les colonies. Ils travaillaient trente-six mois avant de devenir des hommes libres. Ils recevaient un lopin de terre qu’ils exploitaient. Le père Labat en employa très peu. Il les trouvait trop chers, trop insolents et fainéants. Sur l’habitation, ils étaient employés à différentes taches dans le bâtiment : maçons, serruriers, charrons, tonneliers, charpentiers, tailleurs de pierres. Ils étaient payés en nature. Ils initiaient aussi les esclaves à certaines taches du bâtiment. Le couvent les fournissait en vêtements, vivres, et payait leur déplacement.

Les esclaves sont employés à différentes taches sur l’habitation. Certains travaillaient dans les champs, d’autres dans les bâtiments d’exploitation. Certains sont devenus des artisans : tonneliers, forgerons, scieurs de long, charrons ; le père Labat a fait aussi appel à certains esclaves libres pour la réalisation de travaux spécifiques. Par exemple, il a dû louer les services de deux esclaves qui ne faisaient pas parti de son habitation dont l’un était maçon et l’autre tailleur de pierres ; il utilisait les services d’esclaves libres pour récupérer des restes de coraux dans la baie de l’Anse Azérot d’où il avait fait construire un four à chaux.

Le père Labat fabriquait sa chaux dans un four à l’Anse Azérot

Les apprentis nègres, étaient formés par les engagés dans la maçonnerie ou pour tailler les pierres. Ils recevaient un écu par jour ainsi que leur nourriture.

Le père Labat portait son choix sur les nègres venant de Guinée, du Cap Vert ou du Sénégal. Il les considérait comme étant plus docile. Pour la construction du couvent, les esclaves des champs étaient employés sur le chantier. Cette main d’œuvre était dirigée par un commandeur blanc ou un homme de couleur libre. Les conditions de vie des travailleurs employés à la construction étaient très difficiles.

A fonds Saint Jacques, on trouvait en permanence, un forgeron qui était aussi chargé de l’entretien des outils ainsi que de certaines parties des mécanismes du moulin et des autres machines. On trouvait aussi six esclaves scieurs de long chargés de ravitailler l’habitation en planches : ils devaient rendre quarante-huit planches par semaine. Un esclave charpentier s’occupait des réparations et un esclave menuisier du couvent. Ces artisans nègres étaient parfois loués à d’autres habitations et restaient des privilégiés par rapport aux autres catégories de d’esclaves.

atelier de fabrique à tabac

L’habitation monastique de Fonds Saint jacques qui faisait partie de la paroisse de Sainte Marie, est devenue le centre religieux de la région pendant près de vingt ans. Elle est devenue le siège de l’ordre dominicain. Le syndic y logeait de même que les curés des paroisses de Trinité, Sainte Marie, Marigot, Gros Morne et Grande Anse. Pourtant, malgré ses fonctions économiques et spirituelles, elle restait une grande habitation esclavagiste et les prêtres avaient les mèmes comportements que les autres propriétaires d’habitations. Ils étaient intransigeants avec leurs esclaves. Le père J B Labat y a laissé des souvenirs très controversés : admiré pour ses talents de bâtisseur, détesté pour sa cruauté, son inhumanité, son mépris pour les esclaves, ses comportements méprisants voir racistes vis-à-vis de ses entourages. Il était même considéré dans la mémoire collective des anciens du quartier comme un sorcier, un quimboiseur.

L’ordre des frères prêcheurs

Le monastère au XVIIIème siècle

Au début du XVIIIème siècle, la vie religieuse dans la région est dominée par les activités de l’habitation monastique de Fonds Saint Jacques

Le célèbre père Jean Baptiste Labat dirigea la paroisse de Fonds Saint Jacques jusqu’en 1705.  Il entreprend dès son arrivée en 1696, la construction d’une sacristie qui mesurait 3,30 mètres sur 2 mètres.

 La chapelle fut elle mème reconstruite plus tard après son départ, en 1760. Elle est constituée d’une nef centrale avec un simple autel. De l’ordre dorique, cette chapelle est surmontée d’une toiture couverte de tuiles. La structure interne du toit est en bois et conçue comme une carène de bateau renversée ; Il est vrai qu’elle est l’œuvre de charpentiers de marine ; Ces artisans vivaient à Saint Pierre et intervenaient sur les habitations en construction. C’étaient des engagés qui étaient spécialisés dans la construction et qui recevaient un salaire hebdomadaire payé en nature.

la toiture de la chapelle et de la purgerie en forme de carène de bateau

A l’intérieur de la chapelle, on trouve un autel et au milieu de la nef, un marbre sur lequel on peut lire « Anna » indiquant le lieu où repose Andrée Prévoteau décédée Le 20 Octobre 1882 à l’âge de 20 ans. La chapelle fut construite avec des roches dures, grisâtres, récupérées sur les berges de la rivière ou sur la plage de Fonds Saint jacques. Ces roches ont été assemblées avec du mortier composé de sable volcanique et de chaux. Cette chaux qui est en fait une plante (débris de coraux) venait de l’Anse Azérot. Les pierres qui composent la voute du portail sont plus légères et plus faciles à travailler. Ce sont des pierres de ponce. Les pierres de taille étaient utilisées pour les coins, les pieds droits, les appuis, et les fermetures des portes et des fenêtres. Elles étaient récupérées dans les rivières et sur l’ilet de Sainte Marie dans un gros bloc de pierre violette décorée de pointillés rouge et blancs.

 Le fronton de la chapelle est marqué par la présence d’une niche où l’on trouve la statue de Saint Dominique. Sur le portail, au sommet du linteau, domine la coquille Saint Jacques, symbole de l’ordre, fixée à dix neufs barreaux sculptés. L’ensemble est en bois. Jacques rappelle aussi le souvenir de Jacques Duparquet. La chapelle fut reconstruite en 1769

Saint Dominique, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs connu sous le nom des dominicains
La coquille saint Jacques , symbole de l’ordre des frères Prêcheurs

La chapelle est le lieu de prières et de cérémonies religieuses. Chaque jour, depuis l’époque du père Labat, vers 9 heures, les esclaves participaient à 30 minutes de prières. Ils allaient au catéchisme, étaient baptisés, et recevaient tous les sacrements de l’église. A la fin de la journée, une autre prière avait lieu. Ce sont les curés qui logeaient sur place qui assuraient la formation religieuse des esclaves mais qui transmettaient aussi tous les grands principes de la « civilisation française » et de l’obéissance à leurs maitres. Le commandeur veillait à ce que les esclaves respectent les rendez-vous religieux : messe chaque matin, catéchisme, messes les dimanche et jours de fête.  Il faut rappeler que des esclaves étaient enterrés au cimetière de l’habitation dans les règles de la religion catholique (c’est ce qu’ont révélé les résultats des dernières fouilles). Qui étaient-ils ? dans quel secteur travaillaient-ils ? Ce cimetière daterait du milieu du XVIIIe siècle.

Les dominicains vivaient dans le foyer face à la purgerie. C’était le seul bâtiment à étages. On trouvait à coté une cuisine. 

l’espace de vie des prêtres esclavagistes

Les esclaves vivaient dans des cases très rustiques construites en amont de l’habitation après le moulin, vers l’intérieur des terres, près des parcs à bestiaux. Ces cases étaient construites de manière uniforme, de la même longueur, hauteur et largeur. Elles sont alignées le long d’une rue appelée « rue case Nègre ». Elles ont généralement 10 pieds de long sur 6 pieds de large. Elles sont couvertes de têtes de cannes et de roseaux.  Le mur est une sorte de palissade en roseaux et petites gaulettes soutenu par un mélange de terre rouge et de crottin de vache. Pour donner de l’allure à la case et éliminer les odeurs on passait une couche de chaux sur les façades.

Ces logements avaient deux pièces : une chambre et une salle commune. Le lit de la chambre était construit de deux planches en bois, de balisiers ou latanier. Les esclaves se couvraient de vieux haillons. Comme instruments domestiques, on trouvait des calebasses, des couis, des canaris. Les cases étaient très proches (environ 15 à 20 pieds de distance).

Les prêtres du Nord Atlantique préféraient se retrouver au monastère des dominicains de Fonds Saint Jacques alors que souvent un presbytère existait dans leur paroisse. Il faut dire qu’ils avaient à leur disposition de nombreux esclaves et l’habitation fonds Saint Jacques était l’une des plus prospères de l’Ile. Les conditions d’existence étaient plus agréables que celles qu’ils avaient dans leur paroisse. Ils ont souvent utilisé comme prétexte pour s’y rendre, les épidémies qui décimaient la colonie entre le XVIIIème et le début du XIXème siècle. La Martinique était effectivement touchée par deux épidémies : la variole et la fièvre jaune. A la lumière de nombreux documents, on découvre que l’épidémie de fièvre jaune et de variole a provoqué la mort de beaucoup de personnes et notamment des hommes blancs donc des prêtres.

Le foyer

Ainsi, le 3 mars 1783, le curé de Sainte-Marie, le père Cordier Michel, célèbre un mariage à Fonds Saint Jacques, pour éviter la variole qui décime le bourg.

L’habitation, un bien d’état, en pleine mutation

Alors que la vie de l’église de la ville connait quelques vicissitudes, le monastère de Fonds Saint Jacques se porte bien ; Après le départ du père Labat, l’habitation continue à se développer pour atteindre son apogée vers 1744.

  • Les revenus de l’habitation doublaient chaque année. En 1741 on trouvait 138 esclaves.la production atteignait plus de 135000 livres de sucre. Les dominicains dépensaient 25000 livres par an pour l’entretien des esclaves, les bâtiments et le renouvellement du cheptel.
  • Le roi interdisait aux ordres religieux de posséder plus de 100 travailleurs. Les habitants et les curés ont fait pression pour que cette décision ne soit pas appliquée. Fonds Saint Jacques s’agrandit sans autorisation. Ses limites s’arrêtent aux limites des habitations Union au sud et Pain de Sucre /Charpentier au nord.
  • La Martinique est occupée par les anglais entre 1744 et 1762. Cette situation provoque un ralentissement des activités de l’habitation qui continue son développement.
  • Un moulin à eau avec un important aménagement de l’arrivée de l’eau fut construit en 1766. L’eau arrivait grâce à un aqueduc qui récupérait l’eau de la rivière Saint Jacques. C’était une structure en maçonnerie alimentée en énergie hydraulique par un canal forgé soutenu par une haute muraille en pierres. L’activité du moulin était assurée par des femmes.
la roue à aube du moulin mystérieusement disparue

 Le RP Noé, syndic de l’habitation décrit une habitation prospère. En 1783, l’habitation possédait plus de 500 esclaves et produisait plus de 154000 livres de sucre et 28000 livres de rhum ; ce chiffre atteint plus de 900 esclaves en 1788 pour une production de 800 barriques de sucre par an.  Les dominicains en profitèrent pour effectuer des travaux sur l’habitation. La chapelle et la sucrerie furent reconstruits. On construisit des magasins.

1789 arrive et la révolution va transformer les rapports église/état. Le 2 Novembre, l’assemblée constituante décida de mettre les biens de l’église à la disposition de la Nation.  Le 24 septembre 1793, la convention déclara bien nationaux, les propriétés des religieux de la colonie.

Pourtant, les dominicains continuent à administrer l’habitation. Fonds Saint Jacques reste sous l’autorité religieuse des dominicains jusqu’en 1852 mais l’habitation est louée et mise en régie. Les gérants devaient rendre des comptes au directeur des Domaines et verser au trésor les revenus qui devaient être affecté aux dépenses du culte, au traitement des personnels et à l’entretien des religieux.

La production de l’habitation stagne. La révolution a provoqué un effondrement du commerce suivi d’une grave crise économique dans les colonies. L’habitation monastique de Fonds Saint Jacques commence à décliner. Devenue « bien national » depuis 1793 elle est louée aux dominicains. Quelques-unes de ses machines sont transférées à l’usine de Sainte Marie. Il ne restait que 575 esclaves sur le site et seulement 200 carrés étaient plantés en canne à sucre.

C’est le père Trepsac, supérieur des dominicains qui loua l’habitation pour 7 ans pour le prix de 80000 livres par année. La gestion était assurée par Mr Poux son neveu, qui administra seul le domaine après la mort du père Trepsac en Juillet 1807.

Joseph Perpigna devient en 1810 le nouveau locataire de l’habitation pour un bail de 7 ans. Il devait verser aux Domaines, chaque année la somme de 68000 livres. L’habitation est sur le déclin, les loyers baissent régulièrement.

Lors de l’occupation anglaise de 1809 à 1815, l’habitation reste propriété de la colonie.

L’habitation va connaitre une période de grands changements avec la reconstruction de la distillerie : Le transfert des alambics à l’extérieur en 1818. Le remplacement de nouvelles machines : alambics, moulin, …

 On retrouve Sainte Marie en 1833 lors de l’affaire de la Grande Anse (Lorrain)

Suite à un incident entre un blanc et un homme de couleur, des hommes de couleur du Nord Atlantique se soulevèrent, s’armèrent et mirent le feu dans la région entre les 24 et 27 Décembre. Des incidents eurent lieu aussi à Sainte Marie et plus particulièrement à Fonds Saint jacques.

Les incidents se multiplient dans les habitations. Les écrits de Pierre Dessalles dans la vie d’un colon à la Martinique sont là pour l’attester. Depuis une dizaine d’années, des actes de résistance et de révolte se multiplient dans les habitations ; La situation de Fonds Saint Jacques fait peur ; elle est particulière car les esclaves de cette habitation ont appris à lire et sont très sensibles à leur situation. Ils le montreront au lendemain de l’abolition en étant les premiers à imposer le travail salarié. A propos de Fonds Saint Jacques, Dessalles écrit :

Décembre 1837

« Il était question de l’habitation Saint jacques, que l’on veut affermer. Celui qui obtiendrait le bail pourrait se ruiner…. L’atelier y est difficile et les nègres susciteraient constamment au fermier de mauvaises chicanes avec le gouvernement… ».

Dessalles s’inquiète de cette nouvelle forme de gestion de Fonds Saint Jacques. Il faut rappeler de l’habitation n’est pas gérée par un propriétaire terrien blanc. L’habitation ne rapporte que 40000 livres en 1845. En 1848 avec l’abolition de l’esclavage, Mr Grosset, ancien directeur général de l’intérieur, qui avait affermé l’habitation au prix annuel de 86000 francs voit son bail résilié. Il est ruiné. L’habitation est mise en régie. Les terres cultivées sont épuisées et abandonnées.

L’abolition de l’esclavage provoqua un bouleversement de la société coloniale. Les habitations sont aux abois. Quel sera le statut des nouveau libres ? Comment sera organisé le travail sur l’habitation ?

Les débats agitent la colonie. Deux camps vont s’affronter: Les bissettistes et les scholchéristes. les bissettistes sont les partisans de Bisette; il milite pour l’effacement du passé , la concorde, l’union entre toutes les races et les classes. Il refuse un bouleversement économique de la société : il veut préserver le binôme habitation/sucrerie sans esclaves . Il propose l’association, le colonage. Il est soutenu par les conservateurs, les planteurs et la grosse majorité des gens du monde rural.

Victor Schoelcher prône une refondation totale de la société. Il souhaite la mise en place des lois de la république, le respect des droits de l’homme, l’éducation pour tous. Sur le plan économique, Schoelcher milite pour l’introduction du système capitaliste avec le travail salarié, la centralisation (usines centrales). il est soutenu par la majorité des mulâtres, et le milieu bourgeois des villes. les noirs sont très sensibles à son discours.

une réorganisation du travail s’imposait dans les habitations qui se voyaient privées d’une main d’œuvre servile et gratuite. Les nouveaux libres se sont installés dans les hauteurs et après avoir défriché l’intérieur des terres, ont donné naissance aux jardins créoles. De petites cases font leur apparition et se constituent en hameaux puis en quartiers.

Le commissaire général Auguste Perrinon se rend à Sainte Marie dans la tournée qu’il a entrepris dans la colonie en Juillet 1848. Il procède à la réorganisation du travail dans les habitations. Il visite à ce propos Fonds Saint Jacques. A Fonds Saint Jacques les esclaves libérés sont organisés en ateliers et réclament des conditions de vie meilleure.

Messieurs Garnier et Montfleury sont chargés de la mise en place du travail salarié sur l’habitation. Le salaire est fixé par catégorie. Cela va d’un franc pour le raffineur à trente-cinq centimes pour un enfant de dix à quatorze ans. La régie de l’habitation est confiée sous le contrôle de l’administration à un gérant qui a, sous ses ordres, indépendamment des ouvriers et gens du travail nécessaires à l’exploitation, un économe chargé de la surveillance des ateliers et un garde magasin comptable.

Nº 413. — ARRÊTÉ du 21 août 1878, qui fixe le salaire des travailleurs sur l’habitation domaniale le Fond Saint-Jacques

 Le Commissaire – Général de la République à la Martinique,

 Vu la situation des cultures de l’habitation Saint Jacques ; Sur le rapport du Directeur de l’intérieur et de l’avis du conseil privé,

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. Liberté, Egalité, Fraternité. Le 21 août 1848.

 ARRÊTE : ART. 1er. Provisoirement et jusqu’à ce que le mode de l’association puisse être établi sur l’habitation Saint- Jacques, le travail s’exécutera sur cette propriété moyennant salaire et d’après les fixations suivantes, savoir : Les raffineurs, laboureurs, chefs-ouvriers, manœuvre de 1re classe, par jour. 1 Fr. 00 c. 4(722). Manoeuvre de 2me classe … 0 75 Enfants, de 10 à 14 ans. 0 35 Sont réputés manœuvres de 2º classe, les travailleurs adultes qui ne sont pas susceptibles de conduire seuls le rang à la fouille.

 2. Le travail aura lieu pendant cinq jours chaque semaine. La durée du travail journalier sera de neuf heures réparties entre le lever et le coucher du soleil.

 3. Les cultivateurs qui n’auront pas accompli la somme de travail obligatoire subiront les retenues suivantes : Ceux de la 1″ classe, 15 c. par heure ; Ceux de la 2e classe, 10 ; Ceux de la 3º classe, 5. L’heure commencée comptera pour la retenue.

 4. Le géreur tiendra un livre ou casernet pour la constatation des journées de présence des travailleurs. Ce livre sera arrêté jour par jour, et signé par lui. Tout travailleur qui, sans motifs agréés par le géreur, aura manqué trois fois consécutives, à l’appel des travaux, sera expulsé de l’habitation, sauf un délai fixé par le juge de paix, pour l’enlèvement des fruits de son jardin.

5. Le paiement du salaire aura lieu à la fin de chaque semaine, sur une somme qui sera mise, à cet effet, à la disposition du géreur.

 6. Il sera fourni une case à chaque travailleur, pour lui et sa famille. Les adultes auront la jouissance d’un terrain de 10 ares d’étendue dont l’emplacement sera désigné par le géreur. Il sera passé un abonnement avec un médecin pour les soins à donner aux malades de l’hôpital. Le (723) prix de cet abonnement ne pourra excéder 200 Fr. Par an.

7. Les vieillards et les infirmes continueront à recevoir l’ordinaire établi par l’ordonnance royale du 5 juin 1846. En cas de maladie, ils seront admis à l’hôpital ; ils n’auront droit à aucun salaire. Il en sera de même des orphelins non adultes. Les uns et les autres devront à l’habitation les services légers que comportent leur âge ou leurs infirmités.

 8. Les travailleurs, pendant leur maladie, n’auront droit à aucun salaire.

9. Les médicaments et les soins du médecin ne seront pas fournis aux malades qui refuseront de se rendre à l’hôpital, ou qui ne se soumettront pas à ses règlements.

10. Les femmes enceintes qui ne pourront se rendre au travail, ne pourront réclamer aucune prestation. L’ordinaire leur sera seulement alloué pendant les quinze jours qui suivront leur accouche ment.

11. Les salaires ne sont pas passibles de la retenue des 3 p. 100 en faveur de la caisse des invalides. 12. L’Ordonnateur et le Directeur de l’intérieur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exé cution du présent arrêté,

 Fait à Fort-de-France, le 24 août 1848.

 Signé A.-P. PERRINON. Par le Commissaire-Général de la République : Le Directeur provisoire de l’intérieur,

En 1850, l’habitation est gérée par Mr Prunier. Il l’endetta jusqu’à 95000 francs.

 L’affrontement entre bissetistes et Schoelchériste est intense. Le 28 avril 1849 a lieu sur l’habitation Dessales une rencontre entre Pierre Dessales et Charles Bisette ; cette rencontre ne met pas fin aux tensions qui agitent Sainte Marie. Le gouverneur dénonce le conseil municipal. L’abbé Jeunehomme avait invité les propriétaires à venir avec leurs ateliers à la rencontre de Bisette à Charpentier pour le protéger des « nègres de Saint Jacques ».

En 1850, le curé, du haut de sa chaire, conspue les paroissiens qui ont élu un conseil municipal proche des idées Schoelchériste qu’il combattait. L’activité de l’habitation décline rapidement.

Face au refus des nouveaux libres de travailler sur les habitations pour des salaires de misère, les propriétaires d’habitations en collaboration avec l’administration de la colonie organisent une autre forme d’immigration : celle des indiens de l’Inde. L’habitation domaniale de Fonds Saint Jacques devient en 1855, un centre d’accueil pour la main d’œuvre hindou. Les hindous devaient remplacer la main d’œuvre esclave sur les habitations et reprendre les activités qui avaient été abandonnées. Ils étaient dispatchés sur les habitations du nord.
Quelques années plus tard, en octobre 1860, l’habitation accueillait deux familles d’immigrants chinois. Ces familles faisaient partie du convoi « La Galilée » qui est parti de Canton et qui est arrivé à la Martinique en Juillet 1860.Les 427 passagers furent répartis sur différentes habitations. Pour bénéficier de la présence d’une famille de huit personnes, les organisateurs ont dû accepter la présence de deux « vieillards » qui ont été placés avec leur famille sur l’habitation de Fonds Saint Jacques. On trouvait Le chef de famille, Yung-Chum-Ki, âgé de 66 ans, sa femme 64 ans, deux jeunes hommes de 14 et 25 ans, une femme de 32 ans, deux garçons de 10 et 12 ans et une jeune fille de 12 ans. Entre 1860 et 1864 on trouvait 35 chinois à Sainte Marie.
Dès 1858,la colonie créait une école agricole pour jeunes délinquants.

Le 10 Janvier 1866 une école primaire rural est créée à Fonds Saint Jacques sous la direction des frères de Ploërmel.
Arthur de Pompignan devient le nouveau locataire de l’habitation en 1873 puis quelques années plus tard en 1881, Le Pelletier Duclary reprend le bail.
Sainte Marie sera secouée en 1882 ,par une grève dans les habitations .Les travailleurs qui espéraient une augmentation de salaires apprennent que la journée de travail est fixée à trois francs .Le mouvement s’arrêta lorsque l’on sut qu’il ne s’agissait que d‘une rumeur .Les salaires ne bougèrent pas ;Cette grève marque le réveil des cultivateurs qui étaient victimes malgré la relative bonne situation économique, de la baisse des salaires et de l’augmentation du travail ( A Fonds Saint Jacques les travailleurs devaient planter 900 à 1000 pieds de canne par jour au lieu de 300). c’est encore à Fonds Saint Jacques que démarra le mouvement.

En 1893 Prévoteau le Pelletier Duclary fit construire sur le site une usine Centrale. Le moulin à aubes est remplacé par deux moulins Fletcher. Un générateur de vapeur et onze turbines sont installés à la place des anciennes machines. L’usine est affermée à Henry Simonet ; L’usine de Fonds Saint Jacques possédait une voie ferrée de 6 kms, ainsi qu’une locomotive de 10 tonnes et 72 wagons en bois.

Le réseau ferré de Sainte Marie

La crise sucrière qui sévit à cette époque et la proximité de l’usine centrale de Sainte Marie ne permettent pas à l’usine centrale de Fonds Saint Jacques de se développer.
Le 5 février 1900, les ouvriers agricoles de Fonds Saint Jacques, réclame la tâche à deux francs. Le mouvement s’étend au Lareinty, à Soudon, au Robert, à Sainte Anne et au François où il dégénère (on compte 10 morts et une douzaine de blessés). Dix ans plus tard, on retrouve les mêmes revendications dans les habitations. Les activités de l’usine de Fonds Saint jacques cessent en 1903. Victime de la crise du sucre, L’habitation est abandonnée.

L’habitation, centre culturel et touristique et pédagogique

L’habitation, propriété de la colonie, est liquidée et morcelée en 1934 sous l’impulsion de Joseph lagrosillière.

Joseph Lagrosilière

La propriété de 230 hectares est divisée en 203 lots dont certains ont été contestés et annulés par le pouvoir colonial. Les lots ont été adjugés en location-vente aux habitants du quartier et à de modestes agriculteurs et ouvriers
Le site centrale de l’habitation fut abandonné et squatté par des habitants du quartier qui en firent un lieu de rencontre.
Des travaux de restauration furent menés par Théodore Baude qui restaura la chapelle.
Plus tard des travaux furent poursuivis par l’association culturelle de Fonds Saint jacques en collaboration avec le département, la commune et l’université de Montréal. Effectivement, en 1948, le département (conseil général) devient propriétaire du site qui avait une superficie de 11 hectares.
En 1967, l’état, le professeur Jean Benoist, l’Université de Montréal donnèrent naissance à l’association culturelle et scientifique de Fonds Saint Jacques. Le Service des eaux et forêts y fut installé en 1968.
Puis en 1970, le centre de recherche lié à l’université de Montréal est installé. Le Siatno (syndicat regroupant les communes du Nord de la Martinique) devenu le Sivmano fait du lieu, un centre culturel. Le 27 mai 1980, le site est inscrit à l’inventaire supplémentaire des sites historiques. Des travaux de restauration ont été entrepris la même année.
En 1984, le contrat avec les chercheurs de l’université de Montréal n’est pas renouvelé
En 1988 sous l’autorité de CERA (centre de recherche archéologique), des campagnes de fouille archéologique sont entamées sur l’habitation
En 1989, c’est la découverte de la distillerie du Père Labat grâce au travail de l’équipe du CERA autour de Rodriguez Loubet et Colette Léton.
En 1992 alors que des ouvriers traçait une route, on retrouve un cimetière d’esclaves

le cimetière d’esclaves peu entretenu ne fait l’objet d’aucune réhabilitation


Le site appartient aujourd’hui à la CTM, mais depuis 1987 , il est devenu un espace touristique et lieu de culture. C’est un site qui ne représente que 2 hectares et qui est régulièrement restauré. Aujourd’hui l’habitation est à la recherche d’un nouveau souffle.

le centre culturel accueille régulièrement des élèves et étudiants

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Ancien professeur d’histoire et de géographie, il a participé régulièrement à la vie culturelle et politique de sa ville. Animateur, membre d’associations, il est aussi un passionné d’histoire.

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