De nombreuses plantes ont été cultivées à la Martinique. Depuis le XVIIe siècle, nos terres ont été plantées en gingembre, indigo, lin, chanvre, cacao, café. Le mûrier blanc, plante orientale fut aussi exploitée. Le mûrier est cette plante qui favorise l’élevage du ver à soie et qui permet d’obtenir ce tissu tant recherché : la soie naturelle.

En 1630, naissait à Marseille, un certain François Piquet De La Calle. Cet écuyer, fils de Victor, gouverneur du bastion de France se retrouve à la Martinique en 1664. Il devient  commis général de la Compagnie à la Martinique.

En 1671, Picquet De La Calle, est capitaine de la Compagnie du fort Saint Pierre.

Un recensement nous apprend qu’il possédait une habitation à Saint Pierre. On y trouvait 4 nègres, 4 négresses et 3 négrillons. Il cultivait la canne à sucre et les vivres. Au Fort  Sainte Marie où il vivait sur sa propriété avec sa femme et ses trois filles (Anne, Lucrèce et Marie Elisabeth), il possédait 5 domestiques, 70 nègres, 41 négresses et 20 négrillons.

COLBERT tente de populariser, au début des années 70, la culture du mûrier. Il en parle dans ses rapports aux différents gouverneurs généraux des Antilles.

la tentative d’implantation du mûrier aux Antilles est une volonté de l’état royal qui voulait résister à la monoculture du sucre et favoriser la production d’un produit de luxe: la soie

De La Calle et sa femme plantent  ses premiers mûriers sur ses terres de Sainte Marie vers 1671,  mais ils essaient aussi l’olivier, le jute et le chanvre. Petit à petit la plantation obtient un certain succès. De La CALLE adresse au roi de France, Louis XIV, un écheveau de soie. Satisfait, le roi envoie à De La Calle une gratification de 500 écus et érige ses terres  en fief, ainsi que celles de MANONCOURT à Case Pilote. Cela se passe en Août 1687.  Piquet De La Calle est le marguillier de la paroisse de Sainte Marie et est à l’origine de la construction de la première église . Il fait partie de la compagnie de saint Aubin .

Picquet De la Calle plante ainsi 4000 mûriers sur son habitation de Sainte Marie .  6000 autres plants furent distribués dans le reste de la colonie . Malgré les pressions,les colons résistent à l’introduction de cette plante pour des raisons de rentabilité et de commodité . Des tentatives sont faites au nord et nord est de la Martinique sans succès.

Picquet de La Calle développe cette culture qui fait appel à une main d’oeuvre importante. le recensement de 1680 nous apprends qu’il possédait 131 esclaves pour la culture et la production dans la manufacture.

Les planteurs ont des problèmes pour acclimater cette plante ; un constat réalisé en 1684 nous apprend que les nouvelles graines de soie que Mr GALLIFET avait apportées à la Martinique étaient de mauvaise qualité. En 1687, un arrêt du Conseil d’état (22 juillet) décide que les titres des habitants qui ont des terres en friches seraient examinées et que si le propriétaire ne peut les cultiver, les parties non défrichées seraient concédées à condition de planter une certaine quantité de mûriers. Le roi tente à nouveau en 1693, une relance de la production sans succès en ordonnant la plantation de mûriers dans les nouvelles concessions.

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Lorsque le Père LABAT arrive à Sainte Marie en 1696, il découvre la plantation de mûriers de Picquet De La Calle abandonnée envahie par les cafards, fourmis  et autres insectes.

La culture du mûrier fut officiellement abandonnée en 1699 à la Martinique  au profit du café .

 

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