Le collège d’enseignement secondaire  Joseph Lagrosillière et écoles primaires Emmanuel Saldès  furent inaugurés le samedi 24 Octobre 1964 à 16 heures. Le CES Joseph Lagrosillière devenait ainsi le 23ème collège de France et le 1er de la Martinique. Il devait accueillir pas moins de 64 classes (collèges et écoles primaires).

Cet évènement a attiré une foule considérable à Sainte Marie.

         les discours du jour de l’inauguration

L’inauguration s’est déroulée  en présence du Docteur Emmanuel  Véry  député-maire et conseiller général de Sainte Marie, de Joseph Pernock, directeur d’école honoraire ,maire du Lorrain et suppléant de Mr Véry à l’assemblée nationale  , du préfet de la Martinique  Raphael Petit, ainsi que des membres de la municipalité de Sainte Marie : Capitaine Blaise, Jérome Mercan, Paul Audenay, Duplan, Vélayoudon Georges, Madame Balmy, Florimond Vernay, Frantz Blény ( adjoint au maire chargé des affaires scolaires).  Parmi les invités, on trouvait aussi le  vice recteur Raymond Thoraval, le conseiller général de Sainte Marie, Fernand Véry,  l’ ancien préfet de Martinique Mr Christian Laigret, L’inspecteur adjoint au vice recteur Roger Galizot , le directeur de l’école primaire de garçons Emmanuel.Saldes  Mr André Ravenet, la directrice de l’ école primaire des filles Agnès Rubinel, l’intendant du lycée schoelcher  Mr Sainte Rose . Parmi les autres  personnalités extérieures invités, on trouvait aussi, Le docteur Aristide Gouait, Le directeur d’école  Gérard Tell, la pharmacienne de trinité Mme Wiltord , Mme Vulcain Odette enseignante, Mr Bonara maire et conseiller général du Marin, Yvon Saint Yves président de la chambre de commerce, Michel Boudin inspecteur du primaire, Raymond Forest inspecteur départemental de la jeunesse et des sports   ……….

    le collège dans les années 1970

La délégation fut accueillie par une haie d’honneur réalisée par une vingtaine de pompiers de Sainte Marie dirigée par Julien Rubinel. Le ruban fut coupé à l’entrée de la porte située coté Cité Etoile par Raphael Petit  le préfet de Martinique. Les allocutions ont eu lieu  dans la salle actuelle de la permanence.

Seuls ont pris la parole, le député maire Emmanuel Very, Mrs Galizot, Thoraval,  Pernock  et le préfet de Martinique.

La réception était préparée  par les premiers agents du collège : Mmes Tuttle Laurence, Béret Julie, Audar Alice, Georges Marine, et Blaise Fanise ; elles étaient toutes auxiliaires de service payées par la municipalité.

Le procès verbal d’inauguration fut enterré sous le palmier qui avait été planté au milieu du terre plein face à la salle des professeurs.

        

Les travaux de construction du collège

Une inauguration mouvementée

La salle étant trop petite, certains professeurs n’ont pas pu rentrer. Des élèves en délégation sont restés dans la cour face à la gendarmerie. La réception officielle était ouverte à tout le monde.

Cette réception s’est déroulée dans une ambiance très lourde. On a assisté dès ce premier jour à une sorte de ségrégation entre professeurs. Deux clans s’étaient formés : on trouvait regroupés les professeurs de l’ancien collège autour de leur directeur François Grosy.  Ils étaient au balcon face à la salle 40

D’un autre coté, on trouvait  les VAT (volontaires d’aide technique), avec les officiels au rez- de- chaussée. Cette situation  venait d’une rumeur laissant entendre que, de ce raz de marée de « visages pales » comme les désignaient les enseignants locaux, émergerait le nouveau chef d’établissement ! Parmi eux,  beaucoup  étaient titulaires  de licence, maitrise et même agrégation. Les discussions allaient bon train sur celui qui deviendrait le principal du collège. Les locaux étaient furieux contre leur maire Emmanuel Véry,  car après la réception officielle eu  lieu une autre réception avec essentiellement les  VAT et quelques officiels. Même des collègues locaux qui avaient accompagné leurs nouveaux collègues chez le maire n’ont pas eu accès à la fête.

Ces nouveaux arrivants ont bénéficié en priorité des logements de la cité Etoile qui venait d’être construite.

François Grosy

    Des débuts difficiles

Le collège a eu des débuts très difficiles. il faut dire que le CES Joseph Lagrosillière  était le premier CES du département et il a fallu que le député maire de sainte Marie mène une bataille âpres au maire de trinité pour l’avoir. Le CES était une annexe du lycée Schœlcher notamment en matière de gestion.

Les CES sont récents en France. Le collège d’enseignement secondaire est un type d’établissement scolaire ayant existé en France entre 1963 à 1976, qui a été créé à partir des classes de fin d’étude, des premiers cycles de lycée et des Collèges d’enseignement général (ex-Cours complémentaires).

Le CES fut construit .il était très majestueux mais il n’y avait pas d’équipements : ni matériel, ni mobilier. Les premiers élèves étaient accueillis dans des salles de cours vides de tout matériel .la famille Marsabé qui animait l’ORTF se moquait dans ces émissions de cette situation. Il a fallu utiliser le vieux matériel de l’ancien collège ou du moins ce qu’il était possible d’utiliser. (Ex : des bancs à trois places).Mrs Blény et Grosy ont récupéré ce vieux mobilier de l’ancien collège.

Il y avait très peu de cours, pas d’emploi du temps; les VAT en profitaient pour aller se baigner à l’Anse Azérot.

Le matériel fut enfin livré deux mois plus tard, par le ministère de l’éducation nationale. Il semblerait que ce matériel avait été débarqué par erreur au lycée de Bainbridge à Pointe à Pitre.

Agnes Rubinel, la directrice de l’école primaire

Les élèves de ce premier CES sont tous issus du Nord Atlantique mais on trouve aussi  des élèves de Fort De France, du François,…

Alors  que Mr François Grosy espérait être nommé principal du collège c’est finalement Mr Serge Lordier un licencié certifié, arrivé en tant que VAT, qui  fut nommé principal du CES. François Grosy devient  son adjoint mais il partit à la retraite à la fin de l’année. Il faut dire que Mr Dufour, agrégé de grammaire avait refusé le poste de principal par respect pour Mr Grosy. La cohabitation entre le principal et son adjoint était très difficile. Mr lordier semblait ne pas avoir de pouvoir ! Mr Grosy ignorait la présence de Mr Lordier. On a même assisté à une  intervention de l’inspecteur pour rappeler que c’était Mr Lordier le principal. Le maire avait nommé le concierge, Mr Domarin  qui s’était attribué aussi un certain pouvoir.  Quelle ambiance !

Les cours débutèrent  officiellement le 25 Novembre 1965 ! Les salles de sciences n’avaient ni gaz, ni eau. Heureusement qu’il y avait les pompiers les professeurs de sciences devaient se rendre chaque semaine au lycée Schœlcher emprunter du matériel et le ramener rapidement en fin de semaine.

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