Commune du nord atlantique de la Martinique, Sainte Marie a une superficie de 4455 ha. Elle est composée d’une trentaine de quartiers qui sont situés dans les  hauteurs . Les plus importants sont : Morne des Esses, Bezaudin, Derrière Morne, Fonds Saint Jacques, Pain de sucre, Pérou, Fourniols, Eudorcait…

Les quartiers  ceinturent le bourg qui se trouve en contrebas au niveau de la mer.

    Un plan de la ville

La commune dont les activités étaient essentiellement tournées vers l’agriculture subit depuis une trentaine d’années une importante mutation.

A côté du vieux bourg qui reste très actif (activités commerciales) sont apparus des quartiers urbains : Villeneuve, Belle Etoile, Cité Union. Des activités commerciales  et artisanales s’y sont développées.

Un relief tourmenté

Physiquement, Sainte marie est d’aspect massif. Elle est appuyée sur les contreforts des pitons du Carbet. Son altitude reste faible ; son point culminant dépasse à peine 400 m et se  trouve dans les hauteurs de l’habitation Lassalle. Ce relief tourmenté comporte peu de plaines.

Cette topographie ondulée a permis le développement de nombreuses habitations : Bellevue, Limbe, Union, Concorde, Lassalle, Nouvelle Cité, …………….

Sainte Marie forme un vaste plan incliné dans lequel les rivières ont taillé de véritables vallées orientées Est/Ouest pour la plupart. Les dénivellations sont importantes ; on peut découvrir une petite plaine à l’Union face à la mer.

                                                  Un habitat dispersé

La commune dispose d’une importante façade maritime. Les plaines alluviales à bordure océanique correspondent à des anses profondes (Anse Charpentier) ou les rouleaux viennent s’écraser sur les minces cordons de sable noir. Entre les anses, les échines se terminent par des falaises dont les sommets s’effritent plus ou moins rapidement.

Nous distinguons à Sainte Marie trois ensembles morphologiques :

– Les collines qui sont appuyées sur les pitons du Carbet et qui forment une ceinture. C’est la région des jardins créoles, des petites exploitations vivrières. On y trouve les plus gros quartiers (Pain De Sucre, Reculée, Pérou, Bezaudin, Morne Des Esses)  et les plus grosses concentrations d’habitants .

– Les zones de plateaux centraux ou dominent les grandes habitations  bananières et de canne à sucre. Ces régions sont peu habitées (Concorde, Lassalle, Bellevue, Nouvelle Cité).

– La grande plaine côtière qui se trouve à moins de 10 mètres du niveau de la mer. On y trouve le bourg et l’extension de Villeneuve ainsi que  l’habitation Union. C’est le cœur de Sainte Marie avec une forte concentration d’habitants et de services.

Des sols riches et variés

Les sols de Sainte Marie sont très variés. Ils sont généralement riches et fertiles. Certains de ces sols sont érodés (îlets, zones basses). C’est la conséquence de facteurs climatiques (vents, mer, pluie) et humains (surexploitations des espaces).

               la production de canne à sucre occupe la plaine de l’Union

Les sols ont été mis en valeur dès le XVIIème siècle. La zone basse fut la première occupée. Les hauteurs ont été exploitées surtout  après 1848 (l’abolition de l’esclavage entraîna la mise en valeur des terres incultes par les anciens esclaves). La zone intermédiaire, celle des grandes exploitations fut mise en valeur aux XVIIIème et XIXème siècle (champs de canne à sucre ).  L’inexistence de sols hydromorphes explique l’absence de la mangrove dans la région.

On trouve différents types de sols :

– Dans les hauteurs, nous trouvons des sols à allophones qui sont peu évolués sur ponce ou cendre (débris volcaniques).

– Dans les zones basses les sols sont argilo-limoneux.

– Dans les plaines au niveau de la mer, les sols à certains endroits sont brun rouille à allosysite mais généralement restent des sols jeunes argileux sur cendre encore sableux. Ils sont riches pour les cultures.

– Au sud de Sainte Marie, à Derrière Morne, nous trouvons un dépôt de tufs provenant vraisemblablement du fond d’un golfe. Cette abondante microfaune daterait du Pliocène moyen.

Des côtes accidentées et à falaises

Les côtes sont allongées. On trouve surtout des falaises à pic sauf au bourg et sur une partie de Fonds Saint Jacques et Derrière Morne, où apparaît une plage de sable gris et blanc.

Les côtes sont battues par les vents d’Est parfois violents. On a connu des raz de marées peu fréquents qui ont envahi  les rues du bourg et provoqué des dégâts. Des vagues violentes viennent s’écraser sur la petite plage de sable noir de Fonds Saint Jacques qui a une longueur de 250 à 300 mètres. A quelques dizaines de mètres de la petite plage, on trouve des barrières de récifs madréporiques avec des passages  qui permettent l’accès par canot à la plage quand la mer n’est pas trop agitée.

A Derrière Morne, la barrière madréporique brise la violence des vagues et donne naissance à un grand bassin jusqu’à la plage, paradis de nombreux baigneurs qui s’y aventurent régulièrement (Anse Azérot, La Richer)

Les falaises côtières sont régulièrement attaquées par l’érosion marine et par la violence des vents d’Est. Le bourg de Sainte Marie est un lieu protégé par la présence de quelques îlets :

  • Ilet de Sainte Marie (face au bourg)

  • Ilet de Pain De Sucre (Nord)

  • Ilet Saint Aubin (Sud)

                                            L’ îlet Sainte Marie est très escarpé. La végétation est pauvre

L’îlet de Sainte Marie est relié au bourg par un tombolo, flèche de sable qui unit le bourg à  l’ îlet : le plus souvent ce tombolo, rare dans le monde est recouvert par la mer. L’îlet de Sainte Marie est durement attaqué par l’érosion naturelle. Malgré l’îlet, le bourg est parfois victime de la violence des vagues en période cyclonique.

Le climat

Sainte Marie jouit d’un climat chaud et humide constamment rafraîchi par les alizés. Elle reçoit plus de 2000 mm d’eau par an. Le déficit pluviométrique  (Avril, Mai) ne concerne que les zones basses ; la pluviométrie est élevée d’Août à Octobre mais les quantités peuvent varier d’une  année à l’autre. Les tranches annuelles d’eau  augmentent rapidement dans les hauteurs. Les chutes d’eau exceptionnelles (période cyclonique) provoquent des dégâts.

Sainte Marie a été durement touchée dans l’histoire par de nombreux cyclones. Dans notre mémoire, nous retenons les cyclones Edith (1963), Beulah (1967), Dorothy (1970) , David (1979), Allen (1980). Mais bien avant, deux violents cyclones avaient ravagé la ville en 1891 et 1903.

Les températures moyennes se situent entre 26 et 32 degrés. Elles favorisent les cultures maraîchères et vivrières. La chaleur est excessive surtout durant le carême et peut se prolonger jusqu’en Août.

               Réparation de l’église après le passage du cyclone David

Sainte Marie est régulièrement battue par les alizés qui viennent de la mer (vents marins du Nord Est) et qui pénètrent en petites rafales dans les différentes rades.

Le réseau hydrographique

Sainte Marie est drainée par de nombreux cours d’eau qui sont organisés en cinq réseaux principaux. Les sources sont en train de disparaître.

Du nord au sud coulent :

– La rivière Charpentier

– La rivière Saint Jacques

– La rivière Bambou ou rivière Sainte Marie

– La rivière Salée

– Le cours supérieur de la rivière du Galion.

        La tradition de la lessive à la rivière a pratiquement disparu

Toutes ces rivières prennent leur source dans les Pitons du Carbet et ont un écoulement Ouest/Est. Elles sont alimentées par les eaux des hauteurs qui, au moment des fortes pluies, provoquent des crues importantes, emportant parfois cultures et animaux. Ces pluies ne durent pas longtemps et se produisent surtout en période cyclonique.

La végétation

Elle a beaucoup diminué. L’homme a modifié le paysage par l’implantation de son habitat et de ses cultures. Les jardins créoles sont partout présents. On a déboisé pour développer les cultures vivrières (ignames, choux,…) et planter des arbres fruitiers (fruit à pain, manguiers,…). Ces zones de cultures sont surtout situées dans les hauteurs. Au deuxième niveau, et sur un espace important, on trouve des cultures  de banane et de canne à sucre.  Il subsiste quelques lambeaux de forêt accrochés aux mornes parfois très à pic et aux flancs de certaines ravines. Par endroit, la forêt de mahoganys a pris le relais. Elle est protégée par les autorités (ONF).  Les massifs forestiers couvrent moins de 200 hectares soit 5% de la superficie communale. Le long des côtes, sur les falaises à pic, nous trouvons une forêt originale avec des poiriers et des raisiniers. Sur les mornes densément peuplés apparaissent un mélange de constructions, de cultures et quelques zones forestières.

Seules les zones les plus élevées, difficiles d’accès ont gardé un aspect tropical.

Les animaux n’ont eu aucune influence sur la végétation.

 

               

La végétation de la côte aux montagnes

Sur la plage de l’Anse Azérot, on peut découvrir les patates bord de mer, les pois de mer, les mancenilliers, les raisins bord de mer, les bois chandelles.

Derrière le rideau arbustif  s’élève une petite zone forestière avec des raisiniers, mancenilliers, catalpas et poiriers.

A Fonds Saint Jacques, sur les falaises subsistent des lambeaux de forêt avec des pins et des mahoganys en plus des raisiniers, mancenilliers, catalpas et poiriers.

Sur les hauts plateaux, la végétation correspond à  celle de la forêt méso hygrophile. Elle est dégradée à cause des grandes cultures et des jardins créoles. On y trouve quelques fromagers, courbarils, acajou, bois blanc, pois doux gris, savonnette grand bois, lauriers et  bambous.

A un stade de dégradation poussée, apparaissent quelques taillis constitués de mahot noir et des mélongènes diables.

Dans les zones montagneuses, des gommiers blancs et des châtaigniers dominent.

Plus de 70% des terres samaritaines sont en zone de culture faisant de cette région, une zone d’économie essentiellement agricole.

La faune

La faune sauvage est essentiellement représentée par quelques petits animaux : serpents, araignées, lézards, mabouyas,  mangoustes, manicous. Les oiseaux sont plus nombreux : tourterelles, ortolans, merles noirs, sucriers…

Cette faune est menacée par l’homme.

Les poissons et les écrevisses de rivière sont rares ; on trouve des mulets à l’embouchure de la rivière Bambou.

                      Le bourg, au centre des activités, est ceinturé par les quartiers en hauteur

Activités économiques

Sainte Marie est une commune agricole. Sur les 4458 hectares de terre agricole, seuls  3515 hectares sont exploités. Les plateaux centraux sont occupés par les grandes plantations bananières et la culture de canne à sucre. A un deuxième niveau, les plantations bananières sont organisées autour de plusieurs habitations : Concorde à Rodon, Thébault à Pain De Sucre, Bellevue à Reculée, Limbé et Nouvelle Cité à Fourniols, Ténos à Charpentier.

                    Une région de petits jardins et d’élevage extensif

Les cultures vivrières se sont développées dans les hauteurs, dans  tous les quartiers,  sur de petites propriétés, faisant de notre région, le grenier de la Martinique.

Sa seule grande activité industrielle reste celle de la distillerie Saint James, l’un des plus gros producteur de rhum du pays.

La pêche n’est pas très développée : elle reste artisanale. Les pêcheurs pratiquent la pèche à la piscine, Miquelon,  la boule, la nasse mais une de leurs pratiques la plus prisée est la pêche à la senne qui est n’ est plus possible à cause de la pollution à la chlordécone. De plus, ils doivent désormais affronter les algues sargasses.

 

 

Sainte Marie dans les années 1950/1960
Sainte Marie dans les années 1960/1970
Sainte Marie aujourd’hui

video : la commune de Sainte Marie

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