Situé à 8 kms du bourg de Sainte Marie, le quartier Pérou se trouve entre les quartiers Bezaudin et Eudorçait Fourniols au nord, la rivière Beaufort au sud est, les bois Dessales, l’habitation Villier, les Bois l’Etang à l’ouest.

carte réalisée par l’ ONF

Pérou est composé de nombreux sous quartiers : Lacou, Fonds Pierre, Bois Villier, En François, Fonds Cacao, Morne Thébault, Morne Pois Doux, Fonds Lauréat, Beaufort.

Anciennement appelée Morne Pérou , les habitants du quartier descendraient directement de la population esclave de l’habitation  Dessalles . Après l’ abolition de l’esclavage, ils se seraient installés dans les hauteurs et après avoir défriché la zone, ils ont donné naissance au quartier. On les désignait sous le vocable de « Neg wotè ». Ils ont développé les cultures vivrières et notamment celle du manioc d’où la présence, il y a quelques années de nombreuses cases à farine. Pérou était surtout le quartier de la culture d’ananas , fruit qui alimentait l’ usine d’Eudorcait.

Quant à l’origine de ce nom, on n’ en sait rien pour l’ instant. On ne peut qu’ avancer des hypothèses. On sait qu’il existait à Sainte Marie entre 1720 et 1730, un curé qui desservait de manière irrégulière la paroisse de Sainte Marie et qui était syndic de Fonds Saint Jacques entre 1735 et 1744 : il portait le nom de Peru Joseph et était très actif jusqu’à devenir préfet apostolique de l’ ordre dominicain.  . Possédait-il une habitation comme le père Labat ? On peut imaginer une autre hypothèse. Le quartier que des anciens appellent Morne Pérou, s’ il existait après 1848 , pourrait avoir reçu ce nom du fait qu’il était situé en hauteur comme le pays ( Pérou.) N’appelait on pas les premiers habitants « Neg Wotè »( les nègres des hauteurs ) ?

Le quartier Pérou était habité par des gens modestes qui utilisaient surtout les produits du terroir pour se nourrir, se vêtir, s’ amuser. Ainsi pour le déjeuner, ils consommaient de la farine de manioc mais aussi des racines , châtaignes , giraumon, et viande salée . Chaque jour, les habitants allaient puiser l’ eau à la source. Cette eau était conservée dans des jarres et purifiée avec du souffre ou du charbon de terre que l’ on achetait chez monsieur Clémenté  .L’ eau était récupérée avec une chasse – pagne ; on remplissait les carafes .

Le Pérou était alimenté par de nombreuses sources comme les sources «  Caco », « Silly », « Tè gra », « Goudwel », « ou « Man Adrien » mais la plus célèbre reste les trois sources .

Les Trois Sources est un lieu très prisé des martiniquais , qui se trouve en pleine forêt du Pérou sur le massif forestier des Pitons du Carbet

Les Trois sources (Photo Pierre Sotier)

Aménagé en 2008 par l’Office National des Forêts et entretenu en collaboration avec la mairie, le site  attire les marcheurs et habitants de Sainte marie qui viennent s’y rafraîchir, s’y reposer ou y remplir des bouteilles d’eau. Il abrite une eau de qualité qui vient des nappes phréatiques du Morne Létang.

Certains instruments ou outils étaient fabriqués dans le quartier par des artisans comme monsieur Patient qui fabriquait à partir de boites en acier de lait sucré des cafetières, timbales, entonnoirs,,,.

Les habitants du quartier étaient avant tout  des agriculteurs qui cultivaient surtout des légumes . les plantations d’ ananas ( Fond Lauréat, lacou,..) de Monsieur Calixte, employaient beaucoup de personnes dans les années 1930 .Il transformait sa production en compote, confiture, ou jus. Monsieur Omer Calixte possédait aussi une distillerie au lieudit Beaufort dans les années 1900.

les terres des Simonnet étaient plantées en canne à sucre. On trouvait très peu de banane dans le quartier

C’est dans ce quartier qu’est né Félix Lorne (voir Article).

Paul Birba fut le premier  conducteur de bus du quartier.

La route qu’ il empruntait pour descendre au bourg portait le nom de Grand Chemin. Elle traversait le morne Pois Doux et l’habitation Simonette qui était gérée par Bébé Montjoly. Dans les années 50 apparut la route de Beaufort qui fut tracée par Omer Calixte (adjoint au maire Louis Erimée). Il fallut transporter des pierres depuis la rivière de Limbé. Le premier camion appartenait à Mr Verné Florimond. Il l’ appelait Virginie .

On trouvait des cases à farine notamment chez Théodore Jupiter et Augustin Lordinot. A la mort de ce dernier, sa femme poursuivit l’ activité et y installa un moulin à sirop de batterie actionné par des bœufs. Léon Billard et Ti Jo Lorne possédaient aussi des cases à farine

 

extrait de La Base de juin 1993 (journal des conseils de quartier de Sainte Marie)

Les habitants faisaient leur course dans les boutiques de Mmes Lapierre, Grivalliers, Charlotte, Septime, Capricorne, Bourgade, ou chez Apa ou Man Fafa . Ils achetaient leur viande dans les boucheries de Messieurs Florimond, Septime, ou Compère Licius . Aujourd’ hui la famille Lapierre perpétue la fabrication de farine de manioc.

La première école construite sous la mandature de Louis Erimée était une maison en paille de canne à sucre. Elle était composée de quatre classes.  Elle fut construite par la famille Laroche puis devint la maison de Mr Hébert Lapierre. Ce sont les demoiselles Lebreton qui assuraient les premiers cours. Deux autres classes furent ouvertes ensuite chez Mr Gaston Marie Sainte. Avant la construction de cette première école, les enfants allaient en classe à Bezaudin. Certaines personnes s’occupaient de l’éducation des plus jeunes chez elles comme madame Mirette .les enseignants logeaient chez Mme Nicolas et chez monsieur Florimond

Le père Andrès fit construire sur un terrain donné par Mr Simonnet, une chapelle entre 1955 et 1959. Elle fut détruite en 1979 par un cyclone puis reconstruite par le père N’Goma. Elle est dédiée à Notre Dame De Fatima ; quelques années plus tard, une statuette représentant Saint Joseph,  le saint patron des travailleurs fut installée.

Comme le quartier Bezaudin, le  Pérou est connu pour ses traditions  rurales notamment sur le plan culturel, le  Bèlè et les contes. Il convient de citer  les chanteurs de bèlè, Chaubo Patient Normaly, Ti Jo Lorne ( père de Félix Lorne), Brun Billard qui animait le travail sur les voix ferrées, et dont on dit qu’il serait l’auteur de la chanson « Papa Lagro, mi Lagro » mais on connait  aussi les familles Grivalliers, Billard, Cébarec.

Le quartier est connu aussi pour ses guérisseurs . Comme tous les quartiers, Pérou avait sa fête. Elle se déroulait chez monsieur Dovin. Les habitants construisaient des ajoupas .La fête fut ensuite transférée chez Mr Audenay . Bèlè ,Damié, jeux ,saynètes, courses de mulets ponctuaient ces fêtes. Mr Limè avait construit une salle de jeux qu’on appelait Casino. Messieurs Tintin, Saint Ange Démoci participaient aux combats de damié. La musique était assurée par Jean Annette et Grivalliers (Père de Tintin).  Le bal populaire clôturait la fête

vidéo du groupe Souvenir du Pérou 

Anecdote rapportée par Etienne You-Florent de Gaspallon De La Peirère (Coup d’ Œil sur la Martinique de sa découverte à nos jours) qui a passé son enfance au Pérou

Régulièrement et surtout le samedi les amateurs de combats de coqs se retrouvaient aux pitts de messieurs Licius ou Septime. Le quartier était animé aussi par ses soirées bèlè ou son bal bouquet . Mesdames Grivalliers et Jeanine étaient championne dans  l’organisation des bals bouquets.

Le quartier Pérou a donné naissance à des grandes personnalités à notre commune comme :

Félix Lorne (voir article), Robert Dessart, Verné Florimond ou la famille Lapierre

Robert Dessart
Félix Lorne
Florimond Verné c’est cet homme très grand derrière entre Madame Branglidor et le préfet Barbeyrac à l’inauguration de la mairie de sainte Marie

 

 

 

 

 

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