Evoquer le nom de Frantz Blény ne laisse pas indifférent. Homme élancé et froid, d’une rigueur absolue,attaché aux valeurs humanistes de l’ époque,  il était aimé de certains, détesté par d’autres.  Frantz Blény reste une importante personnalité qui a marqué le monde de l’éducation à Sainte Marie. Son nom est intimement associé au collège Joseph Lagrosillière.

Mr  Blény était directeur de CEG au CES de Sainte Marie jusqu’ en 1969. Inscrit sur la liste d’aptitude à l’emploi de sous directeur de collège d’enseignement secondaire, il est nommé au poste de Sous directeur du CES de Sainte Marie le 4 Août 1969. Il occupa son poste le 15 Septembre 1969. Il est nommé principal du collège Joseph Lagrosillière le 29 Septembre 1972. Il occupa ce poste jusqu’en 1982, année de son entrée à la retraite.

Jean Joseph( Jeannot)  Augustin, au nom du Comité de Mémoire Laïque nous propose une biographie de  Frantz Blény

 

Frantz BLENY , Le patriarche laïque samaritain

 

Frantz BLENY est né à Sainte-Marie, au quartier Eudorçait, le 25 février 1917. Sa mère, servante de profession, était originaire de l’ AJOUPA-BOUILLON, et faisait partie des sinistrés déplacés lors de l’éruption de la Montagne Pelée. Frantz BLENY est le cadet d’une fratrie de quatre enfants.

Il n’a connu que l’ECOLE PUBLIQUE, son biotope inaliénable qu’il intégra d’abord en tant qu’écolier, y grandissant pour en devenir un éminent clerc,  assurant la formation des hommes et des citoyens.

Après le BREVET ELEMENTAIRE obtenu en 1934, puis le BREVET SUPERIEUR en 1937, il quitte l’ECOLE NORMALE et occupe son premier poste d’instituteur au ROBERT où il restera le temps d’une année scolaire 1937-1938.

L’année suivante, il rejoint sa terre natale, SAINTE-MARIE. Il y enseignera au cours complémentaire pendant 3 ans.

Dans sa ville, il obtiendra en 1940 le CAP qui lui confirme le grade et le statut d’instituteur.

En 1941, il quitte SAINTE-MARIE  pour le cours complémentaire du LORRAIN où il restera 2 ans.

A la rentrée scolaire de 1943, retour chez lui au cours complémentaire, situé à l’époque à l’actuelle place Félix LORNE.

Il y demeurera 19 ans, jusqu’en 1962.

  • C’est là qu’il sera pérennisé comme maître de cours complémentaire en 1958.

    Frantz Blény enseigna durant 3 ans au cours complémentaire de Sainte Marie

Promu directeur de cours complémentaire, il est nommé à TRINITE ,la ville voisine où il exerce de 1962 à 1965.

En 1965, il revient à SAINTE-MARIE en qualité de sous-directeur du CES ( COLLEGE d’ENSEGNEMENT SECONDAIRE). Notons qu’entre temps, le COURS COMPLEMENTAIRE est devenu CEG , c’est-à-dire COLLEGE d’ENSEIGNEMENT GENERAL, puis CES c’est-à-dire COLLEGE d’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE).

En 1974, il est promu principal du COLLEGE Joseph LAGROSILLIERE, fonction qu’il exercera jusqu’à sa retraite en 1982.

Le missionnaire laïque qui officiait en blouse blanche dans sa très précieuse salle de sciences sise au fond de la cour du COURS COMPLEMENTAIRE a marqué bien des promotions de samaritains.

                                                                                  le collège Joseph lagrosillière fut dirigé pendant 10 ans par Frantz Blény

Sa conception missionnaire et militante du métier d’enseignant le  poussera à s’investir partout au nom de l’ECOLE PUBLIQUE et de sa mission d’éducateur.

Héritier serein des pères fondateurs de l’ ECOLE PUBLIQUE GRATUITE, OBLIGATOIRE et LAIQUE, on retrouve en Frantz BLENY un savant mélange de Jean MACE, le fondateur de la LIGUE de l’ENSEIGNEMENT génératrice de  l’ECOLE PUBLIQUE, et un disciple appliqué de Cassien SAINTE-CLAIRE, le premier martiniquais devenu instituteur à la fin du 19ème  siècle (le major de l’ ECOLE de Marius HURARD ou encore ECOLE du CONSEIL GENRAL de la MARTINIQUE).

« FORMER DES HOMMES –FORMER DES CITOYENS », acte fondateur de la LIGUE de l’ENSEIGNEMENT, cela requiert une énergie de tous les instants  que Frantz BLENY trouvait et investissait au service de l’ECOLE PUBLIQUE, mais surtout au service des samaritains.

LE HUSSARD SAMARITAIN

                                                                                   Frantz Blény à l’ inauguration de l’école du Morne Des Esses

Le samaritain Frantz BLENY qui n’a jamais quitté l’ECOLE PUBLIQUE qui est devenue son milieu naturel sera tout naturellement un militant actif du SYNDICAT DES INSTITUTEURS auquel il restera attaché jusqu’à l’épuisement tardif de ses forces physiques, assumant toutes ses évolutions. Il le verra s’appeler tour à tour  SNI (SYNDICAT NATIONAL des INSTITUTEURS), SNI-PEGC (SYNIDICAT NATIONAL des INSTITUEURS et des PROFESSEURS de COLLEGE d’ENSEIGNEMENT GENERAL), puis SE-FEN (SYNDICAT des ENSEIGNANTS de la FEDERATION de l’EDUCATION NATIONALE)…..Frantz BLENY a toujours été de tous les combats de sa corporation.

De 1943 à 1972, il est membre du conseil syndical, et assurera même pendant 2 ans  le secrétariat de la section. Pendant 20 années consécutives, de 1952 à 1972, il est régulièrement élu au sein de tous les organismes représentatifs du corps enseignant. Ses collègues, ses camarades, lui ont toujours prodigué leur confiance totale, confiance toujours honorée et investie à la hausse.

Cet homme d’engagement ne fut pas seulement un bon fonctionnaire qui faisait très bien son travail et qui aimait son métier.

Chez Frantz BLENY, l’ACTION LAIQUE ne s’est jamais arrêtée à l’enceinte de l’école ou à l’évocation et au traitement de dossiers purement spéculatifs.

Il est,en 1947 avec d’autres camarades comme Hector BIGON, Daniel PIDERY, Marceau EDOUARD, Hector SAE, Casimir BRANGLIDOR , Guillaume MENIL, Emile MAURICE…….cofondateur de la FEDERATION des ŒUVRES LAIQUES de la MARTINIQUE qui est la section départementale de la LIGUE de l’ENSEIGNEMENT.

La formation de l’Homme et du Citoyen, la mutation de chaque homme en citoyen est un combat de tous les instants. Il s’attache aussi à promouvoir les œuvres postscolaires et périscolaires.

Tout naturellement, il s’investit dans l’UFOLEP(Union des Fédérations d’œuvres Laïques et d’Education Physique),autre structure                d’ EDUCATION POPULAIRE qui développe la pratique du sport en Martinique et permet aux martiniquais  d’échanger entre eux, de se déplacer à travers le pays pour mieux se connaitre.

La SOLIDARITE étant une valeur fondamentale dans la construction de l’homme, il s’attache à créer la COOPERATIVE SCOLAIRE.

Pour initier à la LIBERTE DE CONSCIENCE, il faut apprendre au citoyen à s’exprimer. Il créera pour ses élèves samaritains une presse scolaire écrite qui évoluera à travers 3 organes consécutifs :

  • « LE CHRONIQUEUR » des cours complémentaires de la Martinique
  • « LE CACHIBOU », journal du CEG de Sainte-Marie
  • « LA PIE », journal des élèves du CES Joseph LAGROSILLIERE.
Des personnages qui ont marqué le monde de l’éducation :Raymonde Blény ( épouse de Frantz Blény),  Joseph(Lémery ) Egouy, Odette Vulcain, Victorin David et Frantz Blény

Au service des jeunes samaritains, il ne ménagera jamais ses efforts pour les inciter à s’approprier légitimement les richesses dispensées par l’ECOLE PUBLIQUE GRATUITE OBLIGATOIRE ET LAIQUE, l’ECOLE du PEUPLE.

En 1967, il procède à la création d’une SALLE de DOCUMENTATION et d’INFORMATION (SDI), puis au CDI (CENTRE de DOCUMENTATION et d’INFORMATION) du collège Joseph LAGROSILLIERE où il distribue des carnets d’accueil aux enseignants.

En 1970, c’est le FOYER SOCIOEDUCATIF du CES Joseph LAGROSILLIERE qui voit le jour.

En 1972, il réussit l’aménagement du temps scolaire.

La conscience laïque qui anime Frantz BLENY le pousse à s’investir fermement dans le COMBAT LAIQUE. Il mènera ce combat sur tous les fronts, partout où il se trouve. Il en sera ainsi depuis la mairie de Sainte-Marie où il demeura 8 ans en qualité de conseiller municipal avec délégation spéciale du député-maire Emmanuel VERY pour les questions scolaires et sportives.

Sa présence active à la mairie se solde par des réalisations concrètes et utiles à tous :

  • Réorganisation de la cantine scolaire et mise en place du premier restaurant scolaire de la Martinique. Outre l’accent particulier mis sur l’hygiène et la formation du personnel, ainsi que l’accueil respectueux réservé aux enfants, on veille aussi à ce que tous les aliments soient consommés sur place.
  • Implantation d’écoles maternelles au bourg et au MORNE DES ESSES.
  • Création de plateaux sportifs à DERRIERE MORNE et BON AIR.
  • Mise en route de l’enseignement post-scolaire agricole à BON AIR, et de l’enseignement agricole et ménager à SAINT-JACQUES.
  • Mise en place du premier service de transport scolaire de la Martinique.

 

Frantz Blény restera 8 ans à la mairie de Sainte-Marie en qualité de conseiller municipal avec délégation spéciale du député-maire Emmanuel VERY pour les questions scolaires et sportives.

Bien impliqué dans la vie de SAINTE-MARIE, sa ville, Frantz BLENY est membre fondateur de la société sportive «  LA SAMARITAINE » dont il fut tour à tour le secrétaire puis le trésorier.

La qualité de son œuvre menée avec loyauté et désintéressement lui valut d’être fait officier de l’ORDRE des PALMES ACADEMIQUES en 1972, puis chevalier de l’ORDRE NATIONAL du MERITE en 1982.

Sa ville natale SAINTE-MARIE, les samaritains, ses collègues ne l’ont jamais sollicité en vain. L’humaniste sincère a vécu pleinement pour ses semblables.

Ce légitime héritier de Cassien SAINTE-CLAIRE, de Marius HURARD, d’Osman DUQUESNAY, et de tous les défenseurs de l’ ECOLE PUBLIQUE appartient .à la MEMOIRE LAIQUE de SAINTE-MARIE, mais aussi à la MEMOIRE LAIQUE de la MARTINIQUE. Il s’opposait avec ses tous les gardiens de la MEMOIRE LAIQUE de la MARTINIQUE  à la toponymie prévaricatrice et aliénante qui consiste à donner à nos écoles, collèges, lycées…le nom du lieu qui souvent peut être le nom d’une habitation, entité socioéconomique et socioculturelle hostile à l’instruction des hommes de couleur devenus des citoyens libres en 1848.

Il exigea toujours le plus grand respect pour l’ECOLE PUBLIQUE, haut lieu de la FORMATION de l’HOMME et du CITOYEN.

Il encouragea vivement Joseph JOS et ses camarades dans ce combat.

SAINTE-MARIE, la ville de Joseph LAGROSILLIERE, le ville d’Emmanuel VERY..

Frantz BLENY, entité samaritaine incontournable a tracé la voie aux générations qui suivent.

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