Date du jour :30/03/2026

Erimée Louis, une mandature en deux temps

Maire de Sainte-Marie de 1939 à 1940 puis de 1943 à 1955

  Louis Erimée surnommé Loulou est né à le 2 décembre 1895 au Morne Des Esses. Son père s’appelle Henri Jean Léopold Erimée et sa mère Marie Eléonore Emilie Sébastien surnommée Yaya. De ces différentes unions, il donna naissance à une douzaine d’enfants.

il effectue ses études au lycée Schœlcher puis s’engage dans l’artillerie coloniale à l’âge de 18 ans .Il participe à la guerre 1914-18 ;il va combattre dans les Dardanelles en Italie ,en Grèce (Itéa) et en Extrême Orient .Brigadier-chef de l’artillerie coloniale  ,il retourne à la Martinique en 1927 .Il monte sa tannerie (Anse madame )où il fabriquera des chaussures  notamment des godillots pour l’armée (Martinique –Guadeloupe ) ,des ballons de football et des chaussures pour les premiers joueurs de la Samaritaine.

La première tannerie ayant existé à la Martinique se trouvait à Saint Pierre. Elle appartenait à la famille Yang Ting. Elle disparut avec la catastrophe de 1902. Un certain Mr Moretti ouvrait une tannerie durant la Grande Guerre au quartier Baie des Tourelles à Fort de France. Dans le même quartier apparut en 1925 la tannerie de Mr Cléotrate. Une tannerie est construite au quartier Petit Bourg à Sainte Marie.  Elle appartenait à Mrs Raveneau et yoyo. Elle fut emportée par la rivière. En 1927, louis Erimée construit la tannerie de fonds Saint Jacques. Une tannerie fut montée au Lamentin par Mr Conseil en 1933. Durant la seconde Guerre, on trouvait sept tanneries à la Martinique : Erimée, Borra, Marie Sainte, Harold Alexis Moulimbée et Eringée. La fin de  la guerre provoqua le déclin de ces unités artisanales

la tannerie de Louis Erimée est composée de trois ateliers: un atelier de traitement des peaux. les peaux trempaient dans des bassins avec de la chaux ou du sel; on trouvait un atelier de tannage des peaux  et enfin un atelier de couture ou l’on fabriquait les différents objets. les chaussures qui constituaient la production principales étaient des alpagas et des godillots pour les soldats martiniquais et guadeloupéens qui avaient été mobilisés. le temps fort de l’usine se situe durant la seconde guerre mondiale. La fabrication avoisinait les 15 tonnes de cuir par mois. la tannerie employait une vingtaine de personnes .Après la guerre ,on assista à un effondrement de la production. En 1967, la tannerie ne produisait que 1500 kg de cuir par an .Elle n’employait que 2 ou 3 personnes. Elle disparut rapidement à la fin des années 1960.

C’est un radical socialiste qui entre dans la vie politique en 1936 (1er adjoint de R Richer). Il devient maire de la ville en 1939 à 1941. L’amiral Robert suspend le mandat de la plupart des maires et nomme à leur place ses partisans. C’est ainsi que Emile Yoyo devient maire de la ville. Après avoir chassé du pouvoir L’amiral, les maires retrouvent leur poste. Louis Erimée revient en 1943 à la tête de l’édilité samaritaine et restera maire jusqu’en 1955 ; Il est conseiller général SFIO, de 1950 à 1962. Indépendant puis PPM.

 Sainte Marie est à ce moment, une ville très active avec ses 11400 habitants ; C’est le plus grand centre de production agricole de la Martinique .  Une coopérative agricole fut créé en Mai 1947. son siège était au Morne Des Esses et elle était dirigée par Emmanuel Saldes. Le transport du sucre s’effectue par voie ferrée .Huit distilleries fonctionnent à plein rendement. La tannerie de louis Erimée, l’usine électrique de Raveneau à Fourniols, la fabrique de fécule de Mr André à Bezaudin, la conserve d’ananas de Despointes, les habitations sucrières et bananières sont les témoins d’une importante activité économique à Sainte Marie  .

Louis Erimée, premier à droite

C’est sous la mandature d’Erimée que le gouverneur ouvrira les cours complémentaires à l’école des garçons de Sainte Marie.

C’est aussi sous sa mandature que la mairie procédera en 1940 à la vente aux enchères publiques du terrain communal dit « Fonds Giromon » (détaché de l’habitation Lassalle .90 lots furent attribués à des samaritains modestes.

 Fonds Giromon constituait le nouveau bourg. Jusque dans les années 1960, il y avait très peu de maisons . On trouvait à la place, un champ de canne à sucre ou traversait la voie ferrée et une grande savane.

Il est à l’origine de la création du corps des sapeurs pompiers de Sainte Marie

Création du corps de sapeurs-pompiers de Sainte Marie

Arrêté n° 51.-Gi3 portant création d’un corps de sapeurs-pompiers dans la commune de Sainte-Marie.
LE PRÉFET DE LA MARTINIQUE, CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR, CROIX DE GUERRE,
 Vu la loi n° 46-451 du 19 mars 1946 tendant au classement comme départements français de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane française
 Vu le décret n° 47-1018 du 7 juin 1947 relatif à l’organisation départementale et à l’institution préfectorale dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane française ;
Vu le décret n° 48-519 du 27 mars 1918 portant extension aux départements de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Réunion et de la Guyane française de la législation et de la réglementation métropolitaine sur la protection contre l’incendie ;
 Vu le décret du 13 août 1925 portant réorganisation des corps de sapeurs-pompiers
 Vu la délibération du conseil municipal de Sainte-Marie, en date du 11 avril 1951 ;
Vu le décret n° 50-722 du 24 juin 1950 relatif à la délégation des pouvoirs propres aux préfets, sous-préfets et secrétaires généraux de préfecture, arrête :
 Art. 1 er. Est approuvée la délibération du conseil municipal de Sainte-Marie, demandant la création d’un corps de sapeurs-pompiers.
 Art. 2. En conséquence, il est créé à Sainte-Marie un corps de sapeurs-pompiers communaux
Art. 3. L’effectif légal maximum, est de 1 chef de corps et 24 gradés et sapeurs.
 Art. 4. Sont désignés pour faire partie de la commission chargée d’examiner les demandes d’admission dans le corps et d’arrêter définitivement les contrôles.
Membres : M. le maire de Sainte-Marie, président ;
  1. a) Délégués du conseil municipal : MM. Vignard Sylvain ; Richer Guillaume.
  2. b) Délégués du préfet : Commandant Gaunay, inspecteur départemental des services d’incendie ; MM. Jeanville Mathieu ; Glombard Bonnaventure ; Bourgade Roland.
 Art. 5. Le Secrétaire général de la préfecture, le chef de la lère division, l’inspecteur départemental des services d’incendie, le maire de Sainte-Marie, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié au Recueil des actes administratifs de la préfecture
 Fort-de-France, le 22 juin 1951
Chr. LAIGRET.

Louis Erimée meurt d ‘une crise cardiaque le 10 janvier 1982 ; il avait 86 ans.

 

Lerandy Luc

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Ancien professeur d’histoire et de géographie, il a participé régulièrement à la vie culturelle de sa ville. Animateur, membre d’associations, il est aussi un passionné d’histoire. il s'intéresse plus particulièrement à l'histoire de Sainte Marie et à celle des trains des Plantations à la Martinique.